Dark-Alessa, la petite ténébreuse et la petite râleuse gentille.

Dark-Alessa, la petite ténébreuse et la petite râleuse gentille.
Bonjour, je suis Dark-Alessa, la petite fille de Silent Hill et qui possède aussi un blog du même nom => Dark-Alessa.
B
ienvenue sur mon deuxième blog perso qui me permettra de garder le contact avec vous le jour où mon blog Dark-Alessa est en maintenance. Je suis ténébreuse, je suis râleuse mais je suis avant tout crasseuse. Voi pourquoi, j'ai appelé ce blog Cracra-Alessa. Ce blog parlera de mes coups de cafard. J'y mettrai aussi des poèmes de Charles Baudelaire, un poète dont les textes reflèteront très bien ma personnalité de petite ténébreuse toute crasseuse et parfois un peu tristounette. Je ne suis pas méchante vous savez mais je suis juste un peu râleuse comme le dit ma soeur Sharon. N'oubliez pas dechez vos petits coms, ils seront les bienvenus, mais si vous êtes des rageux, passez votre chemin et cliquez sur la petite croix blanche sur fond rouge. Sur ce, bonne visite dans mon antre... ptdr...

Dark-Alessa, la petite râleuse gentille
# Posté le mercredi 21 mars 2007 18:13
Modifié le samedi 19 avril 2008 16:55

Spleen : Quand le ciel bas et lourd...

Spleen : Quand le ciel bas et lourd...
Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
S
ur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et
que de l'horizon embrassant tout le cercle
I
l nous verse un jour noir plus triste que les nuits;

Q
uand la terre est changée en un cachot humide,
O
ù l'Espérance, comme une chauve-souris,
S'en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris;

Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D'une vaste prison imite les barreaux,
Et
qu'un peuple muet d'infâmes araignées
V
ient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,

Des
cloches tout à coup sautent avec furie
E
t lancent vers le ciel un affreux hurlement,
A
insi que des esprits errants et sans patrie
Qu
i se mettent à geindre opiniâtrement.

-
Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
filent lentement dans mon âme; l'Espoir,
Vai
ncu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
Sur m
on crâne incliné plante son drapeau noir.

Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal, 1857
# Posté le mercredi 21 mars 2007 18:24
Modifié le vendredi 18 avril 2008 16:36

Spleen : J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans...

Spleen : J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans...
J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans.

Un gro
s meuble à tiroirs encombré de bilans,
De
vers, de billets doux, de procès, de romances,
Avec de lourds cheveux roulés dans des quittances,
Cach
e moins de secrets que mon triste cerveau.
C
'est une pyramide, un immense caveau,
Qui contient plus de morts que la fosse commune.
- Je suis un cimetre abhorré de la lune,
comme des remords se traînent de longs vers
Qui
s'acharnent toujours sur mes morts les plus chers.
Je su
is un vieux boudoir plein de roses fanées,
Où gît
tout un fouillis de modes surannées,
Où l
es pastels plaintifs et les pâles Boucher,
Seuls
, respirent l'odeur d'un flacon débouché.

Rien n'égale en longueur les boiteuses journées,
Quand sous les lourds flocons des neigeuses anes
L'
ennui, fruit de la morne incuriosité,
Pre
nd les proportions de l'immortalité.
-
sormais tu n'es plus, ô matière vivante !
Qu'un granit entou d'une vague épouvante,
A
ssoupi dans le fond d'un Saharah brumeux ;
U
n vieux sphinx igno du monde insoucieux,
Oubl
ié sur la carte, et dont l'humeur farouche
Ne cha
nte qu'aux rayons du soleil qui se couche.

Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal
# Posté le mercredi 21 mars 2007 18:32
Modifié le vendredi 18 avril 2008 16:36

Une gravure fantastique.

Une gravure fantastique.
Une gravure fantastique
C
e spectre singulier n'a pour toute toilette,
Grotesquement campé sur son front de squelette,
Q
u'un diadème affreux sentant le carnaval.
S
ans éperons, sans fouet, il essouffle un cheval,
F
anme comme lui, rosse apocalyptique
Q
ui bave des naseaux comme un épileptique.
Au
travers de l'espace ils s'enfoncent tous deux,

Et
foulent l'infini d'un sabot hasardeux.
L
e cavalier promène un sabre qui flamboie
Sur les foules sans nom que sa monture broie,
E
t parcourt, comme un prince inspectant sa maison,
L
e cimetière immense et froid, sans horizon,
Où gisent, aux lueurs d'un soleil blanc et terne,
Les peuples de l'histoire ancienne et moderne.

Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal, 1857
# Posté le jeudi 22 mars 2007 04:59
Modifié le vendredi 18 avril 2008 16:37

L'Horloge.

L'Horloge.
Horloge ! Dieu sinistre, effrayant, impassible,
Don
t le doigt nous menace et nous dit : " Souviens-toi !
Les
vibrantes douleurs dans ton coeur plein d'effroi
S
e planteront bientôt comme dans une cible ;

L
e Plaisir vaporeux fuira vers l'horizon
A
insi qu'une sylphide au fond de la coulisse ;
Chaque instant te dévore un morceau du délice
À
chaque homme accorpour toute sa saison.

Tro
is mille six cents fois par heure, la Seconde
Chuchote : Souviens-toi ! - Rapide, avec sa voix
D'insecte, maintenant dit : je suis Autrefois,
Et j
'ai pompé ta vie avec ma trompe immonde !

R
emember ! Souviens-toi ! Prodigue ! Esto memor !
(Mo
n gosier de métal parle toutes les langues.)
Les m
inutes, mortel folâtre, sont des gangues
Qu
'il ne faut pas lâcher sans en extraire l'or !

Sou
viens-toi que le Temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup ! C'est la loi.
Le
jour décroît ; la nuit augmente ; Souviens-toi !
L
e gouffre a toujours soif ; la clepsydre se vide.

Tantôt sonnera l'heure où le divin Hasard,
l'auguste Vertu, ton épouse encor vierge,
O
ù le Repentir même (oh ! La dernière auberge !),
Où tout te dira : Meurs, vieux lâche ! Il est trop tard ! "

Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal
# Posté le jeudi 22 mars 2007 08:13
Modifié le vendredi 18 avril 2008 16:32